Le GIPT
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Histoire du GIPT


La création du GIPT : Une initiative avant-gardiste des professionnels de la Féculerie

Lorsque le GIPT, qui s'appelle au départ le G.N.I.P.T.I.T. (Groupement National Interprofessionnel de la Pomme de Terre Industrielle et des Industries de Transformation) se crée le 27 avril 1960, peu d'organismes interprofessionnels existent encore. C'est donc une attitude avant-gardiste en France et en Europe qu'adoptent les professionnels du secteur de la féculerie, en décidant de rassembler au sein d'un même organisme tous les acteurs de leur filière, qu'ils soient agriculteurs ou industriels. Chaque maillon de la valorisation de la pomme de terre est ainsi représenté et les questions qui touchent l'ensemble de la filière y sont discutées.

A sa création, cette organisation a pour membre la Fédération Nationale des Producteurs de Pommes de Terre Industrielles (F.N.P.P.T.I.) et la Chambre Syndicale professionnelle nationale de la Féculerie de Pomme de Terre (CSF). En effet, à cette époque, le secteur de la féculerie est la seule industrie de transformation de la pomme de terre. L'industrie alimentaire de la pomme de terre étant encore embryonnaire en France, les professionnels ne ressentent pas le besoin de s'organiser dans une structure nationale globale.

Dans la lignée de cette démarche de collaboration et d'organisation, en 1962, les professionnels du secteur de la féculerie font un pas de plus. Ils signent un premier accord interprofessionnel "Féculerie" ayant pour objectif de régir leurs relations commerciales. Par ce texte, les industriels assurent l'approvisionnement régulier de leurs usines, et les agriculteurs garantissent des débouchés à leur production. Ces accords permettent de garantir des prix fixes et constituent la base d'une politique contractuelle pour toute la filière. Remanié au fil des années, adapté aux conditions économiques ou réglementaires, cet accord existe toujours à l'heure actuelle.
Cette initiative du G.N.I.P.T.I.T. anticipe la réglementation, sachant que le premier règlement "céréales, produits amylacées" élaboré par les Pouvoirs Publics et concernant la fécule, verra le jour seulement cinq ans plus tard en 1967.

Organiser la collaboration avec les professionnels du plant

Après avoir organisé la production et la transformation des pommes de terre féculières, les professionnels estiment normal de mettre en place une collaboration avec les professionnels en amont de la filière, à savoir les producteurs de plants.

Cette attitude est d'autant plus légitime, qu'il n'existe pas en France de marchés des plants et que chaque agriculteur doit donc faire produire ses plants, avec tous les aléas que cette situation comporte. A l'occasion de la campagne 1967-1968, un "contrat-type national de fournitures de plants de variétés féculières" est signé. Ce contrat-type qui est toujours en vigueur, rationnalise la production et la livraison de plants et garantit ainsi un approvisionnement régulier des agriculteurs.


L'arrivée du secteur de la "Transformation" ou l'unification de l'ensemble de la profession

Dès la fin de la seconde Guerre Mondiale, arrivent des Etats-Unis des produits valorisés à base de pomme de terre à destination de l'alimentation humaine, tels que le flocon pour purées.
Les changements dans les modes de vie des Français (activité professionnelle des femmes, restauration hors du domicile) font que la consommation de ces nouveaux produits explose alors en France dans les années 1970. Les professionnels de ce secteur sont de plus en plus nombreux.

Le GIPT, unique représentant interprofessionnel auprès des décideurs institutionnels et économiques

Vers le milieu des années 1970, de nombreuses interprofessions voient le jour notamment sous l'égide des Pouvoirs Publics. Dans cette perspective, le Comité National Interprofessionnel de la Pomme de Terre (CNIPT) est créé pour représenter l'ensemble du secteur de la pomme de terre, à l'exception de la pomme de terre féculière. Afin de s'exprimer d'une seule voix, il est convenu que le G.N.I.P.T.I.T. se rapproche du CNIPT. Une convention est adoptée entre les deux organismes. Les responsables du G.N.I.P.T.I.T. représentent la pomme de terre valorisée au sein du CNIPT qui, lui, représente l'ensemble du secteur de la pomme de terre auprès des publics extérieurs. Les membres du G.N.I.P.T.I.T. sont alors membres constitutifs du CNIPT.
Cependant, le secteur de la pomme de terre recouvre des activités et des produits très différents : qu'il s'agisse des pommes de terre de consommation ou de pommes de terre valorisées par l'industrie, les préoccupations des professionnels ne sont pas les mêmes.
Il est donc difficile pour ce secteur d'avoir un discours unique. C'est pourquoi, le G.N.I.P.T.I.T. devenu le GIPT en 1989, estime que les professionnels qu'il représente, doivent parler en leur nom propre auprès des décideurs institutionnels et économiques. Dans cette perspective, entre 1989 et 1991, le GIPT effectue la démarche pour être reconnu, pour ses deux branches, au titre de la Loi du 10 juillet 1975, en tant qu'interprofession de la pomme de terre valorisée : la section "Féculerie" est reconnue par un arrêté du 23 août 1989 et la section "Transformation" par un arrêté du 5 septembre 1991. Le GIPT quitte alors le CNIPT, qui, lui, continue à représenter le secteur du frais.

Cette reconnaissance est fondamentale : elle permet au GIPT d'organiser le secteur en liaison avec les Pouvoirs Publics. Ses membres qui représentent plus de 95% du secteur de la pomme de terre valorisée sont véritablement représentatifs du secteur et peuvent ainsi faire valoir leurs points de vue. En 2001, le GIPT change d'appellation et devient le Groupement Interprofessionnel pour la valorisation de la Pomme de Terre tout en conservant son sigle "GIPT".